En se rendant demain dimanche sur la ZAD…
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Photo Ouest-France

Depuis lundi 9 avril, et durant cinq jours, la violence d’État a déferlé avec une incompréhensible brutalité et sans discernement sur le territoire de la ZAD de Notre Dame des Landes.

L’acmé symbolique de cette violence fut, dès le deuxième jour, la destruction de la ferme des 100 Noms, lieu de vie alternatif hors cadre pourtant en voie de régularisation.

Cette opération, inédite quant aux moyens déployés, a mis en danger la vie de nombreux jeunes et moins jeunes occupants des lieux mais également de 2500 gendarmes.

Les forces de l’ordre (?) laissent au final derrière elles des espoirs anéantis mais ont soudé, sans doute durablement, un esprit de résistance qui rendra très difficile un dialogue apaisé.

Cerise sur le gâteau, la venue ce vendredi de Gérard Collomb et du PM sur les lieux de leur agression a été perçue comme une ultime provocation.

La Préfète, Madame Nicole Klein, a lancé un nouvel ultimatum en proposant un formulaire simplifié pour que celles et ceux qui souhaitent s’établir durablement sur la ZAD et y mener un projet puissent se faire connaître.

Comment imaginer qu’après avoir noyé ce territoire sous les gaz lacrymogènes ses habitants puissent, en dix jours, oublier les grenades assourdissantes ou de désencerclement dont ils ont été gavés ?

Il faudra du temps, beaucoup plus que dix jours, énormément plus que dix jours pour qu’une amorce de confiance revienne. Malgré la bonne volonté des moins virulents des occupants ce n’est pas en dix jours qu’ils feront leur deuil de ce qu’ils ont perdu. Dont leurs illusions sur la parole donnée.

Face à l’irresponsabilité de l’État il incombe aux occupants de la ZAD d’être responsables pour deux et de ne pas offrir de prétexte à ceux qui se sentent grandir quand ils envoient la troupe.

Au final cette opération a été vaine, elle n’a fait qu’aggraver la fracture.

Et, lundi 23 avril, si, par hypothèse, la collecte n’est pas suffisante aux yeux de l’État que se passera t il ?

Faut-il s’attendre à ce que Gérard Collomb convoque à nouveau sa troupe et lui ordonne d’attaquer bis repetita ? Les mêmes causes, mais amplifiées, provoqueront les mêmes effets. Et peut-être pire.

Faut-il que l’histoire se répète ? Sivens serait-il la norme de l’État pour admettre qu’un autre monde que le sien est possible, que sortir du cadre n’est pas la révolution permanente ? Que l’innovation est par essence hors norme ?

En se rendant demain sur la ZAD, sur le chemin de Suez au carrefour de la Saulce vers midi, les militants d’EELV poursuivront deux objectifs : dire non à la violence d’État qui génère la violence de tous, dire leur espoir dans des médiations qui, en prenant le temps long du dialogue, redonneront confiance et envie de contribuer à une expérimentation rurale, agricole mais aussi sociétale inédite.

 

Le Bureau Exécutif Régional Europe Écologie Les Verts des Pays de la Loire.