Produire la mâche nantaise au mépris de la santé #boycottmâchenonbio
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Même si un certain virage a été pris dans l’enseignement des pratiques agricoles, pendant de trop nombreuses décennies toute la filière de formation agronomique française a été mobilisée pour vendre un modèle fondé sur la chimie. Le sol est vu comme un substrat inerte et les plantes comme dépendantes nécessairement d’engrais et de pesticides.

Une absurdité scientifique !

L’actualité de ces derniers jours en Maine-et-Loire est une illustration de cette impasse .

Trois intoxications en quelques jours

Vendredi 28 septembre, Antonio Cunha, Proviseur du lycée des métiers de Narcé, à Brain-sur-l’Authion (49), signale à l’Inspection Académique des épandages en bordure de son établissement. Celles-ci génèrent gorges irritées et gênes respiratoires chez les enseignants et les élèves. L’Agence Régionale de la Santé, ARS, fait des recommandations sanitaires… Rien de plus.

Lundi dernier, bis repetita, sur une autre parcelle proche de Brain-sur-l’Authion, cette fois ce sont 61 personnes qui ont dû être prises en charges par les services de secours, pour des troubles respiratoires et oculaires, certaines d’entre elles devant être hospitalisées brièvement.

Ce nouvel incident est bien provoqué par le même produit, du métam-sodium, ou métham-sodium, épandu sur le sol pour le « désinfecter ». C’est la même entreprise, la société Primaloire qui loue les parcelles incriminées pour y cultiver de la mâche.

Troisième incident en quelques jours ce jeudi dernier 11 octobre, où quinze personnes, dont quatre pompiers venus secourir des victimes, sont à leur tour intoxiquées sur la commune toute proche de Mazé-Milon (49).

Cette fois la Préfecture réagit en suspendant  jusqu’au 26 octobre, tout épandage de ce produit. Lire mais aussi.

Faut-il boycotter la mâche nantaise  non bio ?

Cette succession d’incidents, pose crûment le problème d’une certaine agriculture : celle qui, à coup d’intrants, de pesticides et autres fongicides tue les sols et produit une nourriture artificielle qui nous fait ingérer des produits cancérigènes probables.

Ici le poison s’appelle métam-sodium, sa note Wikipédia fait froid dans le dos https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tham_sodium  mais ailleurs il s’agit de glyphosate, vous savez ce produit dont le Ministre Travers nie la dangerosité et que le Parlement a refusé d’interdire dans la loi.

Sur le terrain l’émotion est vive dans la population qui réalise concrètement que ces produits dangereux pour leur santé finissent dans leur air mais aussi dans leur sol, leurs nappes phréatiques qu’ils polluent durablement, et dans leurs verres comme dans leurs assiettes.

Une plainte en cours

L’association Sauvegarde de l’Anjou, branche locale de France Nature Environnement, a décidé de porter plainte. Voir leur communiqué de presse.

L’usage de ce produit est interdit pendant deux semaines en Maine-et-Loire mais qu’en est-il en Loire-Atlantique, autre important bassin producteur de mâche ?

Interdiction permanente du métam-sodium

Faut-il en arriver à un boycott de la mâche nantaise non bio pour que les maraîchers de la région acceptent de changer leurs habitudes culturales et cessent d’empoisonner l’environnement ?

EÉLV Pays de la Loire  soutient la plainte légitime de la Sauvegarde de l’Anjou et exprime toute sa solidarité aux victimes directes et indirectes de cette intoxication.

Nous demandons l’arrêt de tous les pesticides à commencer par les plus dangereux, et nous associons à la campagne Stop pesticides #NousVoulonsDesCoquelicots.

Le métam-sodium est toxique, il tue toute vie du sol. Nous demandons son interdiction PERMANENTE, et donc l’application stricte de la législation Européenne, comme ailleurs en Europe.

L’avenir est à l’agriculture paysanne et biologique,  le pouvoir entre les mains du consommateur : il faut proscrire, autant que possible, de son alimentation tous les produits traités aux pesticides.

Article du Courrier de l’Ouest du 16 octobre 2018 : Intoxications : les élus montent au créneau

Article Ouest-France du 17 octobre 2018 : Mâche : le pesticide pourrait être interdit